Lundi ne sera pas un lundi comme les autres dans bien des secteurs : les trois syndicats ont appelés en front commun à une journée d'action nationale: de nombreux secteurs seront donc perturbés, voire même à l'arrêt.
Les syndicats réclament du gouvernement des mesures supplémentaires pour soutenir le pouvoir d'achat. Selon les secteurs d'activités économiques, les actions menées seront donc distinctes, mais il vaut mieux prendre ses précautions.
Transports en commun: Pas de bus, pas de tram, au nord comme au sud et à Bruxelles. De très fortes perturbations à attendre aussi sur le rail. Peu de trains devraient circuler du dimanche 5 octobre 2008 à 22h jusqu'au lundi 6 octobre à 22h. La SNCB conseille aux voyageurs de prendre leurs dispositions pour éviter de dépendre du service des trains, a rappelé, jeudi, la SNCB dans un communiqué. Les Thalys ne circuleront pas non plus lundi. Dimanche soir, déjà, certains trains seront supprimés. Thalys International demande à ses clients de reporter leurs déplacements prévus à cette date.
Fonction publique: La distribution du courrier sera fortement perturbée lundi. L'ampleur des perturbations dépendra cependant des actions décidées par les travailleurs dans les centres de tri et sur le terrain. Sans appeler à la grève, les syndicats de La Poste ont précisé qu'ils "couvriront" les mouvements susceptibles d'éclater le 6 octobre. Les administrations locales et provinciales risquent elles aussi d'être touchées. L'administration communale de Sambreville, par exemple, sera entièrement fermée le lundi 6 octobre "en gage de solidarité" et n'assurera que le service public minimum. On ignore pour l'heure si d'autres administrations communales suivront la même voie. Dans le non-marchand, les hôpitaux devraient fonctionner normalement, à l'exception notamment des centres hospitaliers de la région du Centre qui fonctionneront sous un régime de "service minimum élargi". Le secteur des soins de santés sera touché par une heure d'arrêt de travail qui donnera lieu à des séances d'information et de sensibilisation.
Grande distribution: Appel à la grève a été lancé dans la grande distribution, certains magasins pourraient donc être fermés, d'autres bloqués par des piquets de grève. Les Delhaize et Carrefour seront fermés. De nombreux Colruyt devraient aussi être touchés par la grève.
Les banques: Elles seront touchées par des actions et des assemblées du personnel se tiendront çà et là. Des actions symboliques sont prévues par les syndicats lundi à Bruxelles devant le siège de la Banque nationale lundi matin ainsi que devant la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) à 11h.
Ecoles: Perturbations aussi dans les écoles. La CGSP y appelle à la grève, la CSC demande au minimum des arrêts de travail qui pourraient donc s'élargir. Impossible de dresser un tableau général, pour les établissements scolaires, d'autant que tout dépendra aussi des actions ou manifestations organisées en front commun ce jour-là dans les différentes régions. Mais, vu le blocage des transports en commun, il est à parier que peu de cours seront donnés. Les directions d'école doivent malgré tout assurer l'acceuil des élèves. Les syndicats conseillent aux parents de prendre contact avec l'école de leurs enfants.
Grève aussi dans les écoles flamandes Alors que la CGSP a appelé à la grève également dans les écoles flamandes, dont on avait pourtant annoncé qu'elle serait épargnée par le mouvement, la ministre flamande de l'Economie Patricia Ceysens (Open Vld) a estimé vendredi qu'une telle grève était "totalement injustifiable" et a appelé les syndicats à proposer "une alternative pédagogique" à la grève.Malgré de précédentes informations indiquant que le secteur de l'enseignement flamand ne serait pas touché par la grève générale de lundi prochain, la CGSP Enseignement a appelé ses membres à participer à la journée d'actions, rapporte le quotidien « De Morgen », dans son édition de vendredi.Mais selon la ministre libérale, cette grève enverrait "un signal totalement erroné aux jeunes". La ministre n'a pas assez de mot pour qualifier le mouvement. "C'est en-dessous de tout d'abandonner des enfants à leur sort", estime-t-il.Si des actions ont lieu, elles devraient avoir un caractère pédagogique, ajoute-t-elle encore. Les enseignants "devraient mettre ce temps à profit pour expliquer à leurs élèves comment fonctionne le système financier. Au moins, les enfants en tireraient quelque chose".La ministre Open Vld a enfin répété qu'elle estimait la journée d'actions du 6 octobre "inappropriée" et "incompréhensible". Le président de l'Open Vld, Bart Somers, a déjà appelé les syndicats à renoncer à leurs actions.